Grand Pressigny

Arts Scéniques & Vieilles Dentelles – Festival 2016 (site officiel)

Antigone contre la tyrannie?

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Dans l’émotion des attentats de Nice, Lauriane Renaud déclare:

« Les répétitions s’enchaînent. Notre façon à nous de ne pas céder au désespoir, de continuer de hurler le non d’Antigone à toutes les tyrannies de l’humanité. »

L’organisatrice du festival du Grand Pressigny veut faire un symbole de Liberté. Antigone est celle qui peut dire « non » au tyran. Mais, face à quelle oppression?

En prenant Antigone pour un symbole de la liberté Lauriane Renaud fait le parallèle entre la Thèbes antique et la situation de notre pays. C’est une bonne idée. Pour y contribuer je souhaite ajouter ce que, selon moi, Antigone dirait de la violence inouïe dont nous sommes les contemporains. Cette violence est inouïe parce qu’elle semble échapper à notre compréhension. A son sujet, on entend le tout et son contraire.liberez antigone

Revenons à Antigone. Pourquoi dit-elle « non » à Créon. En quoi consiste la tyrannie de Créon? Quel est ce « non » que nous devons imiter? A qui s’adresserait-il aujourd’hui? C’est simple. Antigone refuse de se soumettre à la cuisine politique du roi de Thèbes.

Etéocle et Polynice se sont battu à mort. Créon veut faire du premier un héros glorieux. Etéocle aura la fanfare et le monument. Les historiens de l’époque diront sa valeur et ses hauts faits. Au contraire, Polynice pourrira dans le fossé, sans sépulture, comme un chat écrasé. Les médias de l’époque diront que c’est un traitre, un monstre. Lire la suite »

Written by Pierre-Henri Murcia

20 juillet 2016 at 1:06

Qui a tué Œdipe? A-t-il percé le secret de la foule?

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Cette année, le festival du Grand Pressigny raconte le mythe à la manière d’un polar. Nous ne pouvons pas dire si la compagnie d’Irulaane enquêtera sur la mort d’Œdipe, le roi de Thèbes, ou celle de sa fille, Antigone. Penchons-nous sur celle du père. Nous verrons que ce dernier ayant sans doute percé le secret de la foule, Thèbes a certainement eu tout à craindre du jugement d’Antigone, héritière de son savoir.

Œdipe comme nous le raconte le mythe

Rappelons en deux mots l’histoire : un oracle prédit au roi de Thèbes, Laïos, que s’il a un fils, celui-ci tuera son père et épousera sa mère, Jocaste. Quand Œdipe naît, Laïos l’abandonne. Mais des bergers le recueillent et le portent au roi de Corinthe, Polybe, qui l’élève. Adulte, Œdipe consulte l’oracle de Delphes qui lui conseille de ne pas retourner dans son pays s’il ne veut pas tuer son père et épouser sa mère. Il se dirige donc vers la Béotie, mais à un carrefour, il tue un vieillard, qui se révèle être son père. Plus tard, pour avoir débarrassé la ville de Thèbes du Sphinx (en résolvant l’énigme), on le fait roi, de sorte qu’il épouse sa mère, Jocaste, à son insu. Une peste s’abat sur la ville. La Pythie annonce que la maladie persistera tant que le meurtrier de Laïos ne se sera pas dénoncé. Œdipe mène l’enquête lui-même et découvre, horrifié, qu’il est le coupable. Pour se punir de son aveuglement, Œdipe se crève les yeux ; on le chasse de Thèbes.

theatre grand pressigny festival acteurs

Et si Œdipe avait percé le secret de la foule?

Le festival menacé par un monstre

Le Sphinx. Une créature malveillante avec laquelle on ne peut pas parler, car elle n’a rien d’humain. Si nous sommes dans la crise jusqu’au cou, c’est à cause d’elle. Si nous n’y prenons garde, si nous ne serrons pas les rangs, elle tuera nos nouveaux venus les uns après les autres, elle tuera notre Culture. Alors, que ferons-nous sans Molière, et sans Sophocle? Les pères, les fils iront chercher l’Esprit ailleurs, dans les bas-fonds avec les filles, tandis que leurs épouses rêveront de bijoux et de belle vie cosmopolite. Lire la suite »

Written by Pierre-Henri Murcia

21 mai 2016 at 8:35

Lauriane Renaud et la mort des Paysages nocturnes

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Qui protège le crime de la Compagnie d’Irulaane?

Avant de devenir la directrice artistique du nouveau festival du Grand Pressigny, Lauriane Renaud était membre de l’association Côté Jardin qui organisait le festival alors appelé les Paysages nocturnes, arrêté en 2010. Trois ans plus tard, madame Renaud reprend le festival. Contrairement à ce que semble suggérer le titre de la première édition de son nouveau festival, l’affaire est loin d’être close. Voici une lettre dans laquelle j’explique au Comptable du Trésor d’Orléans dans quoi il met les pieds. Lire la suite »

Le festival est mort, vive le festival

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Arts scéniques & Vieilles dentelles, Meurtre à responsabilité limitée au Grand Pressigny, par la Cie d’Irulaane

L’année dernière (2013), en passant dans le pays, j’ai entendu dire que Lauriane Renaud organisait le nouveau départ du Festival du Grand Pressigny. Il y a quelques semaines, j’ai pu avoir un aperçu du cru 2013 grâce à quelques informations glanées sur l’internet, et surtout une superbe vidéo. Je n’ai pas eu la chance de voir le festival l’an passé. Cette année, je ne verrai sans doute ni le festival ni les répétitions. Mais ce n’est que partie remise, Dieu le veuille.

répetion générale

D’abord ma joie. L’affaire reprend vie, et c’est un grand bonheur. Celui que j’ai éprouvé en arrivant au Grand Pressigny, en découvrant la dynamique artistique animant ce village depuis des années. Au-delà des circonstances houleuses qui ont abouti au baisser de rideau de Côté Jardin, en 2012, et des regrets que nous avons éprouvé en apprenant la fin des Paysages Nocturnes, nous avons vite aperçu un nouvel horizon possible. En ce qui me concerne, le travail de la Compagnie d’Irulaane est la preuve que les divergences ne sont que la surface des choses. Un peu comme les bagarres dans Astérix et Obélix, par Toutatis. Lire la suite »

Written by Pierre-Henri Murcia

5 août 2014 at 6:55

Deepening the idea

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Bela (that’s her name now) had paid this scientist for him to write a book edited by this Montpellier ghost publisher, counting on the inquisitive mind of her friend and writer from Pré Germain to discover a tricky issue so she put the book in the suit…

Written by Pierre-Henri Murcia

12 septembre 2016 at 2:14

3 -Le banc cassé

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Le banc cassé, c’est la banqueroute, banca rotta en italien, parce que les premiers banquiers se tenaient avec des bancs à l’entrée du Temple de Jérusalem. C’est pourquoi dans beaucoup de films, dans la scène où il chasse les marchants, Jésus renverse des bancs.

ado-argent

Dans le doute parlez

Les bancs sont les banques et l’endroit où vous dormez quand vous ne pouvez plus supporter le doute, la dette qu’elles vous ont infligé. L’église n’est donc pas vide. Les marchants l’ont investi. Mais au lieu de se placer à l’entrée du temple, ils ont occupé votre espace intérieur, votre habitat.

Dans le précédent chapitre nous avons vu que la dette vous déshabille. Voyons maintenant comment elle vous chasse de votre habitat, comment elle vous dés-habite.

C’est normal, c’est un argent intéressé. Il n’est pas gratuit, il n’aime pas. C’est un argent qui réclame vengeance, la dette toujours, et le sang coulera s’il faut. Et donc, cet argent vous réclame deux fois ce qu’il vous a prêté.

Donc, quand vous avez rendu une fois, comme faire pour la deuxième fois ? Vous n’avez qu’un seul choix. Vous vendez votre maison pour qu’un pigeon vous donne ses économies, ou vous fabriquez l’argent vous-même. Le choix donc, d’aller dormir sur un banc ou d’être, à votre tour, un faussaire.

C’est comme ça que l’énorme masse d’argent imaginaire disparaît, comme une bulle de savon, et que les prix dégringolent, que les maisons se vident comme dans un village rural. Et que les bancs se cassent, à force d’accueillir trop de monde. C’est comme ça que la zone apparaît, des bancs cassés, tagués. La banqueroute de tous ceux qui, mal habillés, sans habitat laissent à présent leurs habitudes et prennent la route.

Alors qu’il suffirait que l’argent soit donné. Non plus intéressé, mais gratuit. Non plus vengeur, mais plein de d’amour et de générosité.

Parlez en sur un banc, à votre banquier.

Written by Pierre-Henri Murcia

13 juillet 2016 at 5:47

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2 – Déshabillez-moi!

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Faut-il se déshabiller pour vivre ?

Je ne demande pas s’il faut arrêter de s’habiller comme il faut. Je demande s’il faut se mettre toute nue. Se mettre à nu. Et non pour prendre le soleil, ou montrer comme tu es belle, comme ton corps est bien sculpté. Je demande si tu es obligée de te mettre à poil pour vivre, pour exister. Et peut-être que je demande aussi si le simple fait de vivre, aujourd’hui, t’oblige à te mettre à poil.deshabillez-moi

Dans le chapitre précédent, j’ai dit que le doute nous endette peut-être. Mais quand on regarde le mot dette, surtout en anglais, debt, ou en latin, debitus, on voit un peu qu’avoir une dette, ce n’est pas seulement douter : dehabere. A la troisième personne du singulier : dehabit, cela signifie sortir de son habit, ou de son habitude, ou de son habitat. Bref, de ce qu’on a: habere.

En effet, la terre est mise à poil par l’endettement paysan. Elle devient nue, stérile. Et le paysan lui-même sort de son habitude. Il devient conducteur de machine. Et le fils va à la ville, écrire dans les bureaux. Il sort de son habitat. Il change d’habit. Il porte une cravate.

Et l’église, dans le doute, se vide. Plus de crédit, de crédo. Plus de croyance. La dette, c’est le doute, et le doute, la dette. Et le peu qui reste, dans ce désert, perd peu à peu la foi.

Je l’affirme, dans le pays endetté, qui troque sa culture vivrière pour de la culture de cacahuète payable en devises, la fille va à la ville pour se mettre à poil.

Comment, il suffirait de retrouver la foi pour perdre la dette ? Espérons que je ne plaisante pas. Au moins, nous aurons un espoir.

Written by Pierre-Henri Murcia

7 juillet 2016 at 8:54

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1 -La dette et le doute

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1 – Et si douter et avoir des dettes n’étaient pas seulement des mots voisins ? Si la dette s’était infiltrée en nous comme le doute ?

Douter. Avoir des dettes. Deux choses qui semblent parfaitement étrangères l’une à l’autre. Douter est un mécanisme psychologique. Avoir des dettes, c’est devoir.

dollar-dette

Doute en douleur Dette en Dollar

Et même quand une dette est morale, nous disons bien que nous devons quelque chose. Avoir un doute, ce n’est pas devoir, c’est manquer de certitude. Nous voyons mal comment le fait de manquer de certitude peut avoir un lien avec le fait de devoir quelque chose. Car pour l’instant, le seul lien que nous voyons est celui du langage.

Et encore. Debitus, en latin, le débit, est-il vraiment la même chose que Dubitus, en latin, le doute ? Oui. Et le contraire du débit, c’est bien le crédit. Or le mot crédit veut bien dire Il croit. Alors, messieurs les banquiers, pourquoi refuserions-nous au mot Debit le droit de signifier, en latin, Il doute. Le langage nous raconte, comme toujours, des histoires. Mais cette histoire-là est intéressante. Supposez qu’un problème de croyance puisse régler vos affaires bancaires ? Et si la dette s’était infiltrée en vous, comme le doute ?

Written by Pierre-Henri Murcia

29 juin 2016 at 5:10

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7 – Faire une pause

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Celui qui connaît la flore locale, c’est Roger. Il connaît toutes les variétés. Ce vieux professeur d’Allemand avait l’air de très bien savoir ce que la boulangère avait vu quand elle nous a fait une syncope. J’avais noté ce qu’il avait dit exactement, il avait dit : « elle a vu un mort » et je n’avais pas rêvé, c’est bien ce qu’il avait dit. Et maintenant, il m’importe de savoir ce qu’il a dit vraiment, Roger doit me le confirmer. Et pour qu’il me dise aussi tout sur tout le monde. Il connaît le pays comme sa poche. C’est par lui que j’ai commencé mon enquête. Et j’ai donc été le voir, avec un petit carnet.frelon asiatique.jpg

Il m’a reproché de ne pas encore avoir envoyé d’article au Midi Libre. Gigi s’est plaint. C’est dommage en plus, car en ce moment il y a deux sujets à faire sur les frelons asiatiques. Il y a un entrepreneur de plantes carnivores qui vient de s’installer dans la région. Ces plantes peuvent avaler plusieurs kilos de frelons en une saison. En plus on a trouvé un nid magnifique à l’Hôtel Terminus, la Baronne veut son article. Je l’ai trouvé décimé la dernière fois. Lamy lui fait des misères à cause d’un enfant si j’ai bien suivi l’explication vague de Marco. L’enfant de qui ? Roger esquive la question. Un gosse qu’ils ont eu ensemble avec une autre femme. Lamy et la Baronne ont eu un gosse avec une autre femme ? Oui, une autre femme et un autre homme.

Roger ne veut pas m’informer. Il sent que je suis là pour me mettre à fouiller et il ne veut rien me dire. Je vais au devant de gros ennuis. Les gens n’aiment pas la vérité. Ils s’accommodent de leurs petits mensonges. Je crois que ce n’est pas le moment de chercher les histoires. Avant, je pensais avoir besoin d’histoires pour exister. Un écrivain sans histoire, c’est ennuyeux. Ça écrit des trucs longs et pleins vieilleries sans intérêt. Ensuite j’ai voulu éviter les histoires parce que je croyais que ça m’apportait des ennuis. Je préférais vivre pauvre et en paix. Aujourd’hui, si je cherche les histoires, c’est que j’ai les flics de Montpellier aux fesses. Ils pensent que j’ai tué Momo. Je leur ai dit que le mort me poursuivait. S’il me poursuivait, c’est qu’il n’était pas mort. Et s’il n’était pas mort, c’est qu’il était vivant. Eux, ils ne disaient pas s’ils avaient un Momo mort dans leurs fichiers. Ils disaient que s’il était assassiné, alors il était mort. Et ils pensaient que je me sentais coupable de l’avoir tué et donc ils disaient que je l’avais tué. Au fond, c’est possible. Peut-être que j’ai oublié que je l’ai tué. Comme la secrétaire des Éditions Délires Noirs, j’ai été manipulé par la CIA, le programme mk ultra. Ils m’ont inventé une mémoire, avec une identité et, quand j’ai tué Momo, ils ont tout effacé. C’est possible.

Non, ce n’est pas possible, a dit Roger, qui prenait mon affaire très au sérieux. Et il m’a demandé pourquoi je m’étais intéressé à Momo. Et là, en lui disant « à cause du livre de Labulle », je n’avais pas sitôt prononcé le mot « Labulle » que j’ai réalisé que j’avais complétement oublié l’essentiel, le principal, le point de départ de mon histoire. Car c’était une histoire et il importait de la suivre avec un peu de rigueur. Celui qui ne suis pas son histoire se perd. Quand vous regardez bien, dans les polars, les types suivent. Quand on déménage leur appartement, ils cherchent à savoir pourquoi, et surtout où. Où sont mes affaires ? C’est pourquoi mon histoire aurait du me conduire à chercher Lamy pour lui demander pourquoi. Où. Par qui.

Au lieu de ça, je me suis totalement perdu. J’ai perdu ma semaine à suivre l’Euro 2016 au Bar National, à coller des notes sur les murs de mon appartement vide et à tourner en rond pour savoir comment commencer mon enquête pour ne pas me mettre en difficulté. Surtout, très important, ne pas provoquer la suspicion en interrogeant les gens à tort et à travers. J’étais bien. Je n’avais plus peur parce qu’il était évident que c’est précisément ce que Momo attendait de moi. Que je trouve le coupable pour qu’il puisse trouver le repos. Et nous ficher la paix. Et c’est précisément ce qu’il faisait.

Donc, Roger m’a un peu vexé et je n’ai pas insisté. Au fond, j’ai un souvenir très vague du livre de Labulle, et j’ai donc décidé d’aller trouver le maire. Il était sur son champs de figues, après le pont à gauche sur la route de U… J’avais décidé de marcher, car j’ai besoin de marcher. La nourriture du Bar National et le manque d’exercice m’avait rendu lourd.

Antoine conduisait le camion. A côté, Alistair me souriait. Ils s’étaient arrêtés pour me proposer de m’emmener. Je n’ai pas dit que j’allais voir Lamy, et ni que je voulais marcher. Je me suis dit que c’était une bonne occasion de faire mon enquête sans en avoir l’air. J’ai inventé une histoire de reportage photographique sur le pays. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans la communauté d’Alistair, où vivent une vingtaine d’essaimiens.

Je l’avoue, je suis très choqué par ces gens. Je ne sais pas comment ils font pour se supporter. D’ailleurs, Alistair m’a dit qu’ils ne se supportent pas et qu’il y a beaucoup de tensions à cause de tout ce qu’on peut imaginer. La répartition des ressources, du travail, du sexe, tout est constamment source de querelles. Des gens énervés, me suis-je dit, pas si heureux qu’ils en ont l’air. J’en étais à mon troisième verre de vin bio quand je me suis demandé comment j’allais pouvoir parler de Momo. Alors, j’ai commencé par les trucs louches que j’avais vu dans le pays, comme l’Hôtel Terminus. Je trouvais Madame Xane très bizarre. Tout le monde me regardait d’un air gêné. Je ne savais pas quoi dire, vu que j’avais déjà dit une bêtise, visiblement, je ne voulais pas en dire une seconde. La maison, ou plutôt le tas de pierres, était plein d’essaimiens qui attendaient que je développe. Une d’entre eux décida de sortir avec ses deux enfants. Pour faire diversion, j’ai demandé un autre verre de vin et j’ai parlé du Hameau des Chiens.

Alistair m’a interrompu en expliquant que la Baronne est une grande amie des essaimiens, et qu’il ne faut pas dire qu’elle est bizarre. Le Hameau des Chiens, il ne faut pas en parler non plus. C’est un sujet délicat. Si on en parle, on peu toucher à des problèmes qui dépassent le village de M… Il y a des gens, à Pézenas, qui voient les choses de façon un peu radicale et qui ne plaisantent pas. Du coup, je n’ai même pas voulu demander pour Momo. Les essaimiens ne seront pas plus bavards que les gens du coin. Ce n’est pas parce qu’ils sont bio qu’ils sont différents des autres.

Je suis rentré à pieds en prenant la route qui rejoint C… Pour passer à l’Hôtel Terminus et dire bonjour à Marco. J’étais trempé à cause d’une averse. Le ciel était gris métallisé mais Marco était dans la piscine, adossé au bord, avec un verre de lait. L’eau était chaude comme de la pisse. Il voulait que je vienne me baigner. On a bien mérité un break, pas vrai ? J’étais complètement décontenancé et en même temps, je me disais qu’il avait raison. On avait besoin de faire une pause parce qu’à force de laisser la fatigue s’accumuler, on perd les pédales.

Sur Momo ? Je ne sais rien. Jouer Momo, qui est-il ? Je ne sais pas. Il écrit : Momo est une âme qui cherche le repos et veut savoir ce qui est arrivé, qui est le coupable.

En attendant, Momo n’a rien demandé. Il a juste dit qu’il n’était pas mort tout seul, que quelqu’un l’avait assassiné. Et ce n’est pas moi.

Pour jouer l’assassin j’ai besoin d’un sentiment de culpabilité, mais non, je n’y arrive pas. Je fais un break. Je prends des bains, je bois du lait, je me détends. La détente, c’est mauvais pour la culpabilité. Or l’assassin de Momo se sent coupable. Il n’est pas détendu. Il ne fait pas un break.

L’assassin est énervé, il se sent traqué, pense Marco, traqué comme l’auteur. Car au fond, le mort est sa créature. C’est pourquoi Labulle aurait préféré se cacher dans les Philippines. Aucun doute.

Written by Pierre-Henri Murcia

22 juin 2016 at 5:10

6 -Déménagement intempestif

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Je dois aller vite, il est bientôt quatre heures, à cinq heures dix mon article devra paraître, je ne dois pas décevoir mes lecteurs. C’est dommage de bâcler, car cette semaine Marco a pas mal de choses à raconter, mais c’est une question de principe. Cinq heure dix, c’est cinq heures dix. J’ai eu tellement peur de me retrouver avec Momo dans une cellule de flic, finalement, j’ai surmonté ma peur – et j’ai beaucoup réfléchi sur nous, notre projet, tout ça. Après tout, quelle raison aurait-il de m’en vouloir ? J’ai eu tout le temps de réfléchir. Maintenant, je dois faire vite, le temps file.

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Baronne dépressive de Ramon Casas

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Written by Pierre-Henri Murcia

15 juin 2016 at 5:10